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LA VAGUE

Chère Étoile,

Aujourd’hui on a parlé d’émotion.

éMOTion. On a mis des mots sur ce qui bouge là-dedans, sur ce qui remue dans nos entrailles. 

éMOTION. On a mis en mouvement notre respiration pour immobiliser le tumulte. Le mot lui-même a sa propre énergie motrice, cette impulsion qui le tire vers l’avant. 

Souvent l’émotion me bouleverse tellement qu’elle me fige. Tout se passe à l’intérieur. D’abord une petite vague dans l’horizon, juste une ondulation à la surface de l’eau. Puis la vague se rapproche, gonfle, l’écume crépite ici et là. Et vient le rouleau. Celui qui m’aspire contre mon gré et me submerge. Je m’agite, je me débats pour m’en éloigner mais je ne suis déjà plus qu’un ridicule pantin de bois dans l’océan qui m’entoure. La vague me prend, m’embrasse et me jette dans son sein. Plus moyen de savoir le ciel, de la terre, le nord du sud, tout est sens dessus dessous. Jambes par dessus tête. J’ai le cœur en tambour. Noyée. 

Ou pas tout à fait. Car la vague n’a pas finit son boulot de vague. Elle continue sa course inlassable, son va et vient de Sisyphe aquatique – juste pour la référence qui fait bien. Je suis projetée, claquée, rejetée. La vague semble me dire qu’elle s’était trompée. Je ne devais pas être à son goût car elle m’a recrachée vers la plage. Du sable jusque dans le slip, j’essuie un filet de morve d’un revers de la main et écarte la masse de cheveux plaquée en travers de mon visage. Le cul dans l’eau, je regarde la mer et son roulis perpétuel. J’ai pris la tasse mais je SUIS bien là. 

Le souffle court et la gorge qui brûle, l’émotion s’est emparée de moi pendant un instant. Un instant si court. Celui d’une vague qui se soulève et s’enfonce à nouveau. Une parmi toutes les autres et qui ne cessent jamais. L’air s’est engouffré dans les poumons, la respiration a retrouvé son cours, l’oiseau prisonnier de la cage thoracique a cessé de s’affoler et je laisse la fatigue me dicter. Alors je m’allonge complètement, j’abandonne mon corps au sol et je ris. Je suis BIEN là. 

Merci la vie. Sans émotions, nous ne serions que des coquillages vides, des corps non habités. Désincarnés. 

Fanette

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2 commentaires sur « LA VAGUE »

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