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ET SI LE MOREPORK POUVAIT DANSER

Ce soir tu m’as écrit. Le chant du morepork, pendant que je dînais avec mon patron et sa famille, je l’ai entendu au loin. J’ai d’abord essayé de l’ignorer et puis quelqu’un à table l’a fait remarquer. Et puis on m’a demandé si je savais ce que c’était. A moi, on a demandé si j’avais déjà entendu un morepork chanter! 

Alors je leur ai expliqué. Comment les nuits d’insomnie en Nouvelle-Zélande, je me suis laissée bercer par ces petites chouettes, entre les toiles de ma tente. 

Puis je leur ai expliqué que j’avais été un morepork dans une vie passée.
Que je scandais mes mots par delà les forêts et les mers pour atteindre cet autre drôle d’oiseau. Qui non loin de là, à quelques kilomètres, me renvoyait en échos ce chant harmonieux et rassurant. Je leur ai dis qu’un jour l’une des chouette à perdu la tête. Elle a cru qu’on pouvait chanter en coeur. Elle s’est même mis à penser qu’elle n’avait plus à rester perchée seule parmi les pins, s’envoler et n’être qu’un. Cette chouette là, à trop rêver d’envolée lyrique et de fin romantique, s’est ramassée au pied de son arbre, le bec dans le sable et les quatre plumes à l’air. Fin du chant en solo majeur, trémolo et sortie théâtrale. 

Ce soir tu m’as écrit. J’ai entendu au loin un morepork chanter. C’était juste une chouette. Une banale chouette qui vit sa vie de chouette, à l’affût d’une proie pour dîner qui finira en petit ballot de poils et d’os ratatinés une fois rassasiée. J’ai trouvé cela affligeant de réalité. Et puis j’ai compris et j’ai ris. J’ai compris que j’avais toujours été seule, dans cet univers rêvé, l’interlocuteur parfait. J’ai compris que j’avais projeté au loin, par delà les mers et les forêts, rien d’autre que moi-même. Et j’ai ris. J’ai ris en ramassant les bouts de moi qui jonchaient le sol. Je me suis redressée au pied de l’arbre, j’ai levé le nez vers le ciel étoilé, celui-là qui nous fait rester dans cette partie du monde. Et puis j’ai dansé. Dansé sans regrets, sans peurs. Dansé face au ciel tacheté, les éclats de rires dans la voix, les bras ouverts et le cœur léger. J’ai déployé mes ailes arc-boutées, quelques plumes pétées, plus heureuse que jamais. La vie est là où je l’avais laissée. 

Je t’aimais, 

Fanette 

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