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DES ORDRES ALIMENTAIRES

Cher… cher qui? 

Aujourd’hui, je ne sais pas à qui adresser mes mots de ventre.
J‘ai la nausée, je suis comme coupée de mon corps. C’est ce qui arrive quand je fais une crise. Une crise, c’est lorsque je suis si vide et fatiguée, que je m’emplis, je tasse les aliments au fond de mon estomac, j’engloutis le monde extérieur. Ma tête dicte les ordres, mon corps-machine se plie, s’étend sous l’impératif. 

Depuis que je voyage, ces moments s’espacent. Et tant mieux. Mais parfois rien n’y fait, je n’arrive pas à y échapper, je reste dans le creux d’une vague et je tombe. Je tombe en moi-même comme dans un trou. Mes doigts s’accrochent avidement à la nourriture pour amortir la chute, combler le vide. Et je décide de ne plus contrôler. Excessivement. Consciencieusement m’empoisonner le corps. Jusqu’à la nausée. Jusqu’à en être malade, dans un état second, un coma. Certains appellent ça l’hyperphagie. Je me suis dit que quels que soient les mots pour le nommer, il était temps pour moi de juste en parler. 

Bref. Si je sais que demain ira mieux, que j’aurai repris le dessus et que la crise sera partie, je sais aussi qu’il faut que je la saisisse comme une occasion pour m’en libérer. L’attraper au vol tant qu’elle est là, l’écarteler et lui observer les entrailles puis la jeter loin, jusqu’à la prochaine. Et peut-être qu’à force, elles me fouteront la paix, ces garces de crise. 

Une crise, c’est quand une sensation intrinsèque de vide me torpille le ventre et qu’une immense faim de vie, de chaire, de sens s’agrippe à ma gorge. Quand je me sens SEULE. Et que personne ne peut rien y changer. Quand l’abondance de nourriture compense le manque de sécurité, le manque de confort et le manque émotionnel. 3 en 1! Qui ne serait pas tenté d’y goûter ?

J’ai alors envie de tout envoyer balader, de ne plus parler à personne, de rentrer en moi-même comme sur une île, de m’entourer de rien, et de me remplir de tout. 

Sur la moto, je vacille. Je suis sur un fil. En dehors de mon corps, je regarde ces paysages qui la veille encore me faisait sourire bêtement. 

Je n’ai plus envie de rien. J’ai avalé le monde et sa nourriture. Et Tout m’écœure.
La digestion est maintenant ma punition et tenter de me libérer du fardeau que j’ai sur l’estomac serait une trompeuse satisfaction. Je le sais, j’ai déjà essayé et le vide s’est agrandi. Alors à choisir, je préfère me libérer du poids que j’ai sur le cœur, taper ces maux sur l’ordinateur et partager avec vous ce dont peu de gens parlent. Ces désordres. Des ordres alimentaires.

Et à bien y réfléchir, il y a bien une personne à qui je pourrais adresser cette lettre. Celle-ci comme toutes les précédentes d’ailleurs.

Au Dr. Scheffzcyk. Merci.
Merci car sans vous je n’écrirais pas ces lignes qui me font tant de bien.


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3 commentaires sur « DES ORDRES ALIMENTAIRES »

  1. La meditation retablit l equilibre du corps et du mental, tu as la chance de vivre les grand espaces, de pouvoir pomper l energie de la nature , de respirer de l air pur, faut prendre 20 ‘ matin et soir de son temps pour se tourner vers l interieur de soi et charger les batteries

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  2. L’avantage de la moto sur l’être humain c’est que le trop plein de son réservoir est immédiat. Celui de l’être humain est plus complexe à maîtriser.
    Il peut se vider sans prévenir et il est plein avant que l’on s’en rende compte. Le régulateur de ton trop plein c’est de vider celui de ta moto et d’écrire de beaux textes, comme tu sais faire.

    michel mombet

    ________________________________

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