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LIGNES DE FUITE

Chère Cousine,

Je prendrais bien un café en terrasse sur une place dans l‘un des quartiers vivants de Marseille avec toi. Ou un mojito plutôt. Oui un mojito, j‘en ai plus besoin que d‘un café en ce moment! On se raconterait nos amours échoués, nos plaisirs réussis, comment la vie nous pousse en avant, nous rattrape parfois et nous rejette à nouveau avec fougue comme des galets aux prises avec les vagues sur une plage comme il y en a par chez moi, là d’où je viens, dans le Nord. 

Je te raconterais ma vie en Tasmanie, dans cette ferme laitière où je passe tout mon temps à travailler, à dormir entre chaque traites et à manger comme un camionneur en hypoglycémie. Rien de bien folichon sur le moment mais en te le racontant, en te narrant mes aventures insulaires et solitaires jonchées de bouses de vache, de rencards Tinder loufoques et de paysages fantastiques, je réaliserais combien je ne regrette rien. On construit sa vie à coup de décisions, de hasards et d‘instinct. 

Moi vue de près, mon tableau ressemble à rien, je dois l’admettre. Des ecchymoses, des bouts d‘os pétés, nombreux sont ceux qui me disent de penser à arrêter de rouler, arrêter d‘essayer. Moi je crois que ceux qui ont le plus peur de la mort, de souffrir, ont surtout très peur de la vie et d‘en jouir. Enfin c‘est mon avis. Bref, mon tableau est un sacré méli-mélo, la perspective fout le camp, les lignes de fuites partent en zig zag comme sur mes cartes routières. L‘horizon prend tout le champ. Les couleurs on en parle pas, ça hésite entre l‘orange des couchers de soleil et le rouge sang, le noir du ciel au réveil et le blanc de la brume dans les montagnes. Quand tu crois que c‘est romantique, tu réalises qu‘il y a pas plus abstraits que les sentiments qui suintent de la toile. 

Un jour quelqu’un trouvera ce tableau dans une brocante calée contre le rebord du caniveau entre du matériel de camping usé et une pile de bouquins aux pages toutes gribouillées de notes. Personne n‘y verra ce que j‘y vois, une vie à moi, une vie vécue selon mes choix. 

Bon je voulais t‘écrire une lettre toute simple, te dire le temps qu‘il fait et comment je vais. Ben tu vois, c‘est râpé! 

Prends bien soin de toi et de tes rêves. 

Fanette

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