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SOUTHERLIES

Il est temps de trouver un endroit où passer la nuit. Des déferlantes de flotte me tombent dessus alors que je reprends le chemin de gravier un peu gadouilleux. Sans parler du vent. 

A vélo comme à moto, le pire, c’est le vent. Mais pas de la même façon. 

On sent combien on est vulnérable, poussé de part et d’autre, chahuté par les rafales selon les caprices de la météo et les virages de la route! Le vent couvre le bruit du moteur – seul moyen de communication avec sa machine – il change la trajectoire dans les virages, freine de face, pousse hors de la route lorsqu’il est de côté. Tout le corps est en tension, les muscles des jambes compriment le réservoir, le torse et les épaules recroquevillés derrière la bulle et les bras solidement vissés aux poignées. Encore plus qu’à l’accoutumée, on sait qu’on a pas intérêt à se rater d’un mini-pouce si on veut pas finir en purée sur le bitume. Ajoutez quelques trombes d’eau bien raides pour pimenter le trajet. 

Et là, vous vous demandez bien pourquoi il y a des barjos assez jobars pour se mettre dans des situations pareilles! Et vous avez raison de vous interroger… 

Impossible pour moi de faire beaucoup de kilomètres dans ces conditions mais la bataille contre ou avec les éléments est définitivement jouissive! 

Il est clair que rouler à moto n’est pas qu’une question de capacités physiques ou de compétences techniques, mais de plaisir. Principalement de plaisir. Malgré mes lacunes techniques, mon manque d’expérience ou de centimètres au bout des pieds, j’aime rouler, quelles que soient les conditions. J’apprends à chaque nouvelle sortie, à chaque dégringolade, lorsque je sens ma roue arrière chasser sournoisement dans un virage, à chaque rafale de vent qui me secoue le casque, à chaque éclat de soleil et pluies torrentielles. J’apprends tous les jours à contrôler ma machine, à appréhender mes craintes. J’ai le cerveau qui tourne au bruit du moteur, les sens et les réflexes sur un ressort, de la tête aux pieds je suis à ce que je fais. Et rien d’autre. Ici et maintenant, les yeux sur la route, le sourire derrière le casque. Merci la vie. 

22.01.19 / Carlins / Nouvelle-Zélande

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